Le plus important chantier de l’été est peut-être celui que l’on oublie toujours

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Le 10 juillet 2026 Par Richard DesRochers
Pendant les vacances de la construction, le corps ralentit souvent avant l’esprit. Et si le véritable défi consistait simplement à redevenir pleinement présent ?

Sommes-nous encore capables de vraiment partir en vacances ?

Il n’y a jamais eu autant de façons de rester connectés. Quelques secondes suffisent pour consulter les nouvelles, répondre à un message, regarder une vidéo, publier une photo ou vérifier ce qui se passe à l’autre bout du monde. Sans même nous en rendre compte, les réseaux sociaux, les fils d’actualité et les notifications occupent maintenant une partie de chacune de nos journées.
 
Même en vacances, plusieurs continuent de faire défiler leur écran entre deux baignades, pendant un repas en famille ou devant un coucher de soleil. Notre corps est arrivé au chalet, mais notre esprit est parfois resté au travail.
 
Les vacances de la construction offrent pourtant une occasion devenue précieuse. Pendant deux semaines, les échéanciers ralentissent, les réunions disparaissent du calendrier et les réveils sonnent un peu plus tard. Pourquoi ne pas en profiter pour offrir les mêmes vacances à notre attention ? Après tout, il est difficile de véritablement récupérer lorsque notre cerveau continue de traiter des centaines d’informations chaque heure, même si nous sommes confortablement installés dans un hamac.

Les plus beaux moments ne demandent aucun « J’aime »

Nous vivons une époque étrange. Avant même de goûter un repas, plusieurs ressentent le besoin de le photographier. Un magnifique coucher de soleil devient parfois une publication avant d’être un souvenir. Une sortie en canot, une randonnée ou une journée de pêche sont souvent interrompues quelques instants pour alimenter nos réseaux sociaux. Nous avons pris l’habitude de partager nos expériences presque au moment même où nous les vivons.
 
Pourtant, les plus beaux souvenirs ne dépendent pas d’un nombre de mentions « J’aime ». Ils se construisent dans les conversations qui se prolongent autour d’un feu de camp, dans les fous rires d’un enfant qui saute pour la première fois d’un quai, dans le silence d’un matin où le lac ressemble à un miroir ou dans cette sensation de liberté que procure une journée où personne ne regarde sa montre. Ces instants n’ont pas besoin d’être publiés pour devenir précieux. Ils existent pleinement parce qu’ils sont vécus, tout simplement.

Et si le véritable luxe était de ne rien manquer… de ce qui se passe devant nous ?

Nous passons une bonne partie de l’année à courir après le temps. Les échéanciers, les appels, les courriels et les imprévus occupent souvent la plus grande place dans nos journées. Les vacances représentent peut-être l’un des rares moments où il devient possible de reprendre doucement le contrôle de notre attention. Éteindre les notifications pendant quelques heures, laisser le téléphone dans le chalet pendant une promenade ou accepter de vivre une activité sans la publier ne constitue pas un rejet de la technologie. C’est simplement une façon de redonner toute leur place aux personnes qui sont réellement assises à côté de nous.
 
Dans quelques années, il est peu probable que nous nous souvenions du nombre de publications que nous avons mises en ligne pendant nos vacances. En revanche, nous nous rappellerons peut-être encore le rire d’un ami, l’odeur d’un feu de bois après la pluie, le premier poisson attrapé par notre enfant ou cette impression rare d’avoir été pleinement présent, sans distraction, pendant quelques heures.
 
Et si c’était cela, finalement, les plus belles vacances ?

Le monde peut bien attendre quelques heures

Nous vivons dans une époque où tout semble urgent. Les nouvelles défilent en continu, les téléphones vibrent sans cesse et chaque application cherche à attirer notre attention quelques secondes de plus. Avant même d’avoir terminé notre café, nous savons déjà ce qui s’est passé à l’autre bout du monde. Pourtant, bien peu de ces informations auront encore une importance lorsque les vacances seront terminées.
 
Les vacances de la construction offrent peut-être l’une des rares occasions de faire une véritable pause. Non pas parce que l’actualité cesse d’exister, mais parce que nous pouvons choisir, pendant quelques jours, de ne plus la laisser occuper toute la place. Le monde continuera de tourner si nous ne consultons pas les nouvelles pendant une journée. Les réseaux sociaux survivront très bien sans notre prochaine publication. Et il est fort probable que personne ne remarquera que nous avons été absents quelques heures… sauf les personnes qui profiteront enfin de toute notre attention.

Les enfants ne demandent pas un téléphone… ils demandent notre présence

Les plus beaux moments de l’été sont souvent d’une étonnante simplicité. Un enfant qui demande de lancer une pierre dans le lac. Une partie de cartes qui se transforme en éclats de rire. Une promenade en forêt où l’on découvre un chevreuil au détour d’un sentier. Une discussion qui dure jusqu’à la tombée de la nuit parce que personne ne regarde l’heure.
 
Ces instants possèdent une valeur que les réseaux sociaux ne pourront jamais mesurer. Aucun algorithme ne sait compter les fous rires, la complicité ou les souvenirs qui se construisent autour d’un feu de camp. Les personnes qui nous entourent ne se souviendront pas du nombre de photos publiées pendant les vacances. Elles se souviendront surtout que nous étions vraiment là, disponibles, présents et attentifs.

Une expérience toute simple à essayer cet été

Et si les vacances devenaient l’occasion d’une petite expérience ? Non pas celle de renoncer à la technologie, mais simplement de lui redonner la place qu’elle mérite. Laisser son téléphone dans le chalet pendant une promenade. Désactiver les notifications pendant une journée. Regarder un coucher de soleil avant de penser à le photographier. Savourer un repas sans consulter son écran entre deux bouchées.
 
Au début, ce silence peut sembler étrange. Puis, doucement, quelque chose change. Les conversations deviennent plus longues. Les regards se croisent davantage. On remarque le chant des huards au loin, le bruit des vagues sur le quai ou le vent qui traverse les pins. Ces détails étaient toujours présents. Nous avions simplement cessé de les entendre.
 
Il est possible que le véritable luxe de l’été 2026 ne soit ni un chalet plus grand, ni un bateau plus rapide, ni un voyage plus loin. Il réside peut-être dans cette capacité, devenue étonnamment rare, de vivre pleinement un moment sans ressentir le besoin de le partager immédiatement avec le reste du monde.

Et si les plus belles vacances étaient celles que l’on ne publierait jamais ?

Il est curieux de constater à quel point nous ressentons parfois le besoin de tout partager. Un déjeuner sur la terrasse, une journée en ponton, une randonnée en montagne, un poisson fraîchement pêché ou un coucher de soleil spectaculaire trouvent rapidement leur place sur nos réseaux sociaux. Bien sûr, il n’y a rien de mal à vouloir conserver quelques souvenirs ou les partager avec ceux que l’on aime. Mais il est peut-être permis de se poser une question toute simple : vivons-nous encore pleinement ces moments avant de vouloir les publier ?
 
Les vacances de la construction nous offrent une occasion rare de ralentir suffisamment pour retrouver cette spontanéité. Celle d’un enfant qui éclate de rire sans savoir où est son téléphone. Celle d’un couple qui regarde le soleil disparaître derrière les montagnes sans interrompre le silence. Celle d’un grand-père qui apprend à son petit-fils à lancer une ligne à pêche, sans se soucier de savoir si la scène mérite une photo. Les plus beaux instants de l’été ne cherchent pas à impressionner qui que ce soit. Ils existent simplement parce qu’ils sont vrais.

Revenir avec plus que des photos

Dans quelques années, nous oublierons probablement combien de publications nous avons faites pendant nos vacances. En revanche, nous nous rappellerons peut-être encore le goût des guimauves grillées, l’odeur du bois après la pluie, le premier plongeon dans un lac un peu trop froid ou cette longue soirée où personne ne semblait pressé de rentrer. La mémoire possède une façon bien à elle de choisir ce qui mérite d’être conservé. Elle privilégie rarement les images parfaites. Elle préfère les émotions sincères.
 
Au fond, les vacances ne servent pas uniquement à récupérer de longues semaines de travail. Elles permettent aussi de retrouver une partie de nous-mêmes que le rythme quotidien finit parfois par étouffer. Elles nous rappellent qu’il est encore possible de vivre une journée entière sans courir après le temps, sans comparer notre vie à celle des autres et sans chercher constamment à attirer l’attention.
 
Cette liberté n’a pas de prix. Elle ne dépend ni d’un chalet luxueux, ni d’un bateau, ni d’une destination à la mode. Elle commence souvent au moment précis où l’on choisit de regarder le monde avec ses propres yeux plutôt qu’à travers un écran.

Le Québec raconté autrement : Ce que cette histoire révèle sur nous

Le Québec a toujours entretenu une relation particulière avec ses étés. Nous profitons du soleil, des lacs, des montagnes et des grands espaces comme si nous voulions rattraper les longs mois d’hiver. Les vacances de la construction font partie de cette culture depuis plus de cinquante ans.
 
Elles nous rappellent que les plus grandes richesses ne sont pas toujours matérielles. Elles prennent souvent la forme d’un repas partagé, d’une conversation qui dure jusqu’à la noirceur, d’une journée sans horaire… ou simplement d’un téléphone oublié au fond d’un sac pendant quelques heures.
 
Peut-être que le véritable luxe de l’été n’est pas d’être connecté au monde entier.
 
Peut-être est-il simplement d’être pleinement présent auprès des quelques personnes qui comptent vraiment.
 
À retenir...
  • Les vacances permettent au corps de récupérer, mais aussi à l’esprit de ralentir.
  • Les réseaux sociaux occupent souvent une place importante, même pendant les congés.
  • Les plus beaux souvenirs sont rarement ceux qui obtiennent le plus de mentions « J’aime ».
  • Quelques heures sans notifications peuvent parfois transformer toute une journée.
  • Le plus beau souvenir des vacances sera peut-être celui qui restera uniquement dans votre mémoire.

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FAQ

  1. Est-il nécessaire de couper complètement les réseaux sociaux pendant les vacances ? : Pas du tout. L’objectif n’est pas de renoncer à la technologie, mais de choisir les moments où elle prend moins de place afin de profiter davantage du moment présent.
  2. Pourquoi est-il parfois difficile de décrocher ? : Notre cerveau est habitué aux notifications, aux nouvelles et aux interactions numériques. Prendre quelques jours pour ralentir peut demander un petit temps d’adaptation, mais plusieurs personnes constatent rapidement qu’elles se sentent plus détendues.
  3. Est-ce que les vacances améliorent réellement le bien-être ? : Le repos, le sommeil, les activités de plein air et le temps passé avec les proches sont généralement associés à une meilleure récupération physique et mentale. L’important est surtout de réussir à interrompre, même temporairement, le rythme habituel.
  4. Faut-il laisser son téléphone à la maison ? : Ce n’est pas nécessaire. Il suffit parfois de le poser quelques heures, de désactiver les notifications ou de choisir certains moments de la journée où toute l’attention est consacrée aux personnes qui nous entourent.
  5. Pourquoi ce sujet concerne-t-il particulièrement les travailleurs de la construction ? Parce que leur travail exige une grande concentration et une importante dépense physique pendant une bonne partie de l’année. Les vacances représentent une occasion privilégiée de récupérer, autant physiquement que mentalement.
 

Références

  • Commission de la construction du Québec (CCQ)
  • Institut de la statistique du Québec (ISQ)
  • Gouvernement du Québec
  • Centre for Addiction and Mental Health (CAMH)
  • Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Note méthodologique

Cette chronique propose une réflexion éditoriale sur les habitudes numériques pendant les vacances de la construction. Les bénéfices associés au repos, au temps passé en nature et à la réduction des sollicitations numériques sont appuyés par de nombreuses recherches en santé et en psychologie, tandis que les passages portant sur les comportements et les souvenirs relèvent d’une analyse journalistique.

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